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Étude : l'impact du COVID-19 sur la digitalisation des PME en Europe

Nicolas Finet Nicolas Finet
Étude : l'impact du COVID-19 sur la digitalisation des PME en Europe

Mis à jour le par Nicolas Finet, CEO de Sortlist. L’enquête Sortlist menée fin 2020 reste un instantané historique de la réaction de 498 PME au COVID-19, et non une mesure de leur maturité actuelle. En 2026, les priorités ont évolué vers l’IA, la facturation électronique, la cybersécurité et l’intégration des données.

L’essentiel à retenir en 2026

  • 73 % des PME européennes atteignaient au moins une intensité numérique de base en 2024, contre un objectif européen supérieur à 90 % pour 2030.
  • 26 % des TPE-PME françaises utilisaient une solution d’IA en 2025, soit deux fois plus qu’en 2024.
  • La digitalisation est devenue un programme continu : processus, compétences, sécurité et qualité des données comptent autant que l’achat d’un logiciel.
Deux professionnels d’une PME travaillent ensemble sur un ordinateur portable
Photo Pexels : Mizuno K.

Ce qui a changé depuis l’enquête de 2020

Le COVID-19 avait imposé des solutions immédiates pour travailler et vendre à distance. Six ans plus tard, une transformation digitale crédible se juge davantage à l’intégration des outils, à la fiabilité des données et aux résultats obtenus.

Dimension Priorité observée en 2020 Priorité en 2026 Indicateur utile
Organisation Rendre le télétravail possible rapidement Relier collaboration, documentation et validation Délai moyen d’approbation
Vente Créer un canal web ou accepter des commandes à distance Unifier CRM, site, paiement et service client Taux de conversion et coût d’acquisition
Automatisation Numériser les tâches manuelles urgentes Ajouter IA générative, assistants et workflows contrôlés Temps gagné et taux de reprises manuelles
Gestion Dématérialiser les documents Préparer les factures structurées et leur traitement automatique Coût et délai de traitement par facture
Risque Maintenir l’accès aux outils Gérer identités, sauvegardes, fournisseurs et incidents Taux de comptes protégés par MFA et délai de restauration

Pour établir votre point de départ, commencez par un audit digital, puis reliez chaque investissement à un processus et à un indicateur mesurable. Cette démarche évite d’empiler des abonnements qui déplacent les tâches manuelles sans les supprimer.

Les nouveaux outils qui structurent la digitalisation

Les assistants génératifs et les plateformes intégrées étaient absents ou marginaux dans le paysage des PME interrogées en 2020. Les notes ci-dessous sont des instantanés G2 consultés en 2026 ; leur volume doit être lu avec la note, particulièrement pour Mistral AI et Pennylane.

Solution Fonctions clés Usage pertinent pour une PME Note communauté Point de vigilance
ChatGPT Rédaction, synthèse, analyse de fichiers, assistance au code Préparer un premier livrable ou explorer des données non sensibles 4,6/5 sur G2, 2 035 avis Validation humaine et règles claires sur les données
Microsoft 365 Documents, messagerie, réunions, stockage et fonctions Copilot Réduire les ruptures entre communication et production 4,6/5 sur G2, 5 799 avis Paramétrage des accès et coût des options avancées
Mistral AI Assistant multilingue, modèles, API, recherche et analyse documentaire Tester une alternative européenne ou intégrer un modèle à un service 4,8/5 sur G2, 2 avis sur la fiche produit Échantillon d’avis insuffisant pour comparer seul
Pennylane Facturation, trésorerie, dépenses et collaboration comptable Centraliser la gestion financière et les pièces justificatives 4,0/5 sur G2, 6 avis Tester les intégrations et les droits avant migration
Factorial Congés, temps, documents, onboarding et workflows RH Remplacer les validations RH dispersées dans les emails 4,4/5 sur G2, 111 avis Vérifier la couverture de la paie et des règles locales

Quelle alternative selon votre point de départ ?

Situation Approche conseillée Premier livrable Limite à anticiper
Un seul processus manuel bien identifié Prototype interne avec un outil SaaS Test sur un petit groupe pendant quatre semaines Le prototype peut mal passer à l’échelle
Plusieurs outils ne communiquent pas Freelance ou intégrateur spécialisé Cartographie des flux et des connecteurs Dépendance à des API tierces
Site, acquisition et CRM doivent évoluer ensemble Agence digitale pluridisciplinaire Feuille de route, architecture et indicateurs Périmètre à cadrer avant le devis
Données sensibles ou système métier central Audit technique et sécurité avant achat Analyse des risques, accès et sauvegardes Projet plus long mais risque opérationnel réduit
Budget limité et priorités encore floues Diagnostic court puis projet pilote Un cas d’usage chiffré avec critères d’arrêt Éviter un déploiement général sans preuve

Avis de terrain

Dans l’enquête qualitative France Num 2025, une PME du numérique de 30 salariés explique avoir intégré l’IA à ses usages réguliers et prévoir une montée en puissance. Ce retour illustre le passage de l’expérimentation ponctuelle à une pratique encadrée, sans prouver pour autant un gain identique dans toutes les entreprises.

Direction générale des Entreprises, Baromètre France Num 2025 — enquête qualitative

Chiffres clés

  • 73 % des PME de l’Union européenne atteignaient au moins une intensité numérique de base en 2024 ; la cible européenne pour 2030 dépasse 90 %.
  • 26 % des TPE-PME françaises déclaraient utiliser une solution d’IA en 2025, contre 13 % en 2024. L’IA générative arrivait en tête avec 22 %.
  • 69 % des TPE-PME françaises disposaient d’un logiciel de facturation en 2025, mais seulement 20 % émettaient des factures dans un format structuré comme Factur-X, CII ou UBL.
  • 42 % des TPE-PME françaises avaient dépensé plus de 1 000 € dans le numérique en 2024, selon le Baromètre France Num 2025.
Quelques repères de maturité numérique

PME européennes ayant une intensité numérique de base en 2024 : 73 % 73 %

TPE-PME françaises utilisant l’IA en 2025 : 26 % 26 %

TPE-PME équipées d’un logiciel de facturation en 2025 : 69 % 69 %

TPE-PME émettant des factures structurées en 2025 : 20 % 20 %

Les périmètres Eurostat et France Num diffèrent : ces valeurs donnent des repères et ne doivent pas être additionnées.

Mini-calculateur : estimer le retour d’un projet de digitalisation

Le calcul valorise le temps potentiellement récupéré sur une année, puis le compare au coût initial. Utilisez un pourcentage prudent et mesurez le temps réel avant le projet.





Modifiez les hypothèses pour tester votre scénario.

Complétez cette estimation par les coûts récurrents, la formation, la maintenance et le risque de migration. Nos guides sur la digitalisation comptable et la cybersécurité permettent d’approfondir ces deux postes.

Questions fréquentes

Le COVID-19 a-t-il durablement accéléré la digitalisation des PME ?

L’enquête Sortlist de 2020 montrait des effets très différents selon les pays et les entreprises. Les données récentes confirment une progression de l’équipement numérique, mais elles ne permettent pas d’attribuer à la pandémie l’ensemble des transformations réalisées depuis.

Quel processus une PME doit-elle digitaliser en premier ?

Commencez généralement par une tâche fréquente, standardisée et mesurable : collecte de factures, relances, validation de documents ou qualification de demandes. Relevez le temps et les erreurs avant le pilote afin de pouvoir comparer.

Faut-il commencer par l’IA ?

Pas si les données, les accès ou le processus sont désorganisés. L’IA peut accélérer la rédaction, la synthèse ou le classement, mais elle ne corrige pas automatiquement une information incomplète ni une responsabilité mal définie.

Comment sécuriser un projet de digitalisation ?

Limitez les droits d’accès, activez l’authentification multifacteur, testez les sauvegardes et documentez une procédure de sortie du fournisseur. Les données sensibles ne doivent être envoyées à un assistant d’IA qu’après validation des règles internes et contractuelles.

Quand faire appel à une agence ?

Une agence devient utile lorsque le projet touche plusieurs métiers, exige des intégrations ou engage le site, les données clients et la sécurité. Pour comparer des partenaires à partir d’un périmètre précis, déposez votre brief sur Sortlist.

Sources utilisées


Depuis le début de la pandémie, Sortlist a publié plusieurs baromètres présentant l’impact de la crise sanitaire sur l’industrie marketing et digitale, en utilisant nos propres données. Dans le cadre de cette étude, nous avons décidé de modifier notre approche. Nous avons donc interrogé 500 managers de petites et moyennes entreprises pour savoir comment le COVID-19 avait impacté leur digitalisation.
Voici nos principales découvertes : 

  • La majorité des dirigeants de PME disent que le COVID-19 n’a pas accéléré la digitalisation de leur entreprise
  • Le manque de budget est la raison principale qui empêche les PME de se digitaliser
  • La satisfaction ressentie quant aux aides apportées par l’État est directement corrélée avec les performances digitales d’une entreprise

Comment la pandémie influence la digitalisation européenne

Au début de la crise, beaucoup de personnes pensaient que les mesures liées au confinement allaient avoir une conséquence logique : l’accélération de la digitalisation. Neuf mois plus tard, notre étude montre que les choses ne sont pas si simples.
Sur nos cinq principaux marchés – la Belgique, la France, l’Espagne, les Pays-Bas, et l’Allemagne – 43,8% des PME déclarent que la pandémie a bien accéléré leur digitalisation, mais 30,5% disent le contraire : leur digitalisation a ralenti à cause du COVID-19. Pendant ce temps, 22,7% des PME disent ne pas avoir vécu de changement.

Là où le COVID-19 a accéléré la digitalisation

En Espagne, une large majorité des PME interrogées dans notre étude, c’est à dire 67%, expliquent que la pandémie a accéléré leur digitalisation. 11% d’entre elles ont dû ralentir leurs efforts de digitalisation, tandis que 22% n’ont pas vu de changement.
L’Espagne est le seul pays où la majorité des PME interrogées ont déclaré que le COVID-19 avait accéléré leur digitalisation.

Là où le COVID-19 n’a pas accéléré la digitalisation

En Allemagne, 47% des PME interrogées déclarent que leur digitalisation s’est accélérée, mais 28% déclarent l’opposé, pendant que 23% disent ne pas avoir ressenti le moindre changement.
Les résultats sont similaires en Belgique, avec 42,9% des PME ayant vécu une accélération de leur digitalisation suite à la pandémie. À l’inverse, 36,7% des PME belges interrogées ont fait face à un ralentissement de leur digitalisation, pendant que rien n’a changé pour 17,3% d’entre elles.
En France, le COVID-19 a fait plus de mal que de bien en matière de digitalisation : 39% des PME interrogées expliquent que leur digitalisation a ralenti, alors que 33% ont vécu une accélération. Pour un quart des PME, soit 25% d’entre elles, rien n’a changé pour leur situation digitale.
Aux Pays-Bas, les résultats sont très similaires. 38% des PME ont vécu un ralentissement de leur digitalisation, pendant que 29% ont vécu une accélération et 26% une stagnation.

Analyse pays par pays

Espagne

Une majorité écrasante de PME espagnoles expliquent que le COVID-19 a impacté positivement leurs efforts pour devenir de plus en plus digitales.
Si l’on y regarde de plus près, parmi ces 67% de PME espagnoles, 40,2% ont adopté des mesures supplémentaires permettant le télétravail pendant les confinements, 28% ont fait migré leurs processus de vente vers le web, et 20,5% ont ouvert de nouveaux canaux de communication.
Ces statistiques, et ces efforts déployés par les PME espagnoles pour devenir plus digitalisées, pourraient s’expliquer par le retard que le pays avait au début de la pandémie. Selon ce rapport publié par la Commission Européenne, les entreprises espagnoles étaient en dessous de la moyenne européenne en matière d’adoption du digital dans leur fonctionnement.
Digital economy index
Cependant, malgré leurs efforts, les PME espagnoles déclarent ne pas se sentir suffisamment soutenues par leur gouvernement et les aides publiques. 43% disent qu’aucune aide n’est disponible tandis que 43% disent qu’une aide est disponible mais pourrait être améliorée. Seules 13% des PME espagnoles interrogées estiment que l’aide apportée par leur gouvernement est suffisante.

Allemagne

Les entreprises allemandes ont fait face au premier confinement dans une position similaire à celle des entreprises espagnoles, avec un score de digitalisation en dessous de la moyenne européenne. Et cela, toujours selon ce rapport de la Commission Européenne.
45.9% des PME allemandes qui ont vu une accélération de leur digitalisation ont permis à leurs employés d’adopter le télétravail, pendant que 28.2% d’entres elles ont fait migré leurs processus de vente vers le web et que 20% ont ouvert de nouveaux canaux de communication.
En comparaison à l’Espagne, les dirigeants d’entreprises allemandes sont bien plus satisfaits par les aides apportées par l’État. 45% déclarent que de l’aide est disponible, 25% disent que cette aide est suffisante, tandis qu’un autre 25% estiment que cette aide est insuffisante pour leur digitalisation.
Cela pourrait être lié au fait que l’économie allemande a moins souffert des conséquences de la pandémie jusqu’à présent, en tous cas selon l’OCDE.

Belgique

Les résultats de notre étude en Belgique sont similaires à ceux de l’Allemagne. 46,8% des PME ayant vu une accélération de leur digitalisation ont adopté des solutions permettant de travailler à distance, pendant que 24,2% ont digitalisé leurs processus de vente et que 14,5% ont ouvert de nouveaux canaux de communication.

Les PME belges sont relativement satisfaites des aides apportées par leur gouvernement. Seules 16,3% d’entre elles estiment que ces aides ne sont pas suffisantes, tandis que 57,1% disent que de l’aide est disponible et que 20,4% trouvent cette aide suffisante.
Cette satisfaction pourrait être liée au fait que la Belgique était déjà assez bien digitalisée au début de la pandémie. En effet, selon le rapport de la Commission Européenne, la Belgique venait se classer à la 3ème place des pays qui intégraient le mieux le digital dans leurs processus avant le début de la crise.

France

Contrairement aux pays cités précédemment, en France, les PME ont vécu un ralentissement de leur digitalisation à cause de la pandémie.
La raison principale semble être budgétaire. 46,2% des PME interrogées pour qui la digitalisation n’a pas accéléré expliquent qu’elles n’avaient pas le budget pour faire les changements nécessaires. Cependant, 39,1% disent qu’elles étaient déjà suffisamment digitalisées pour continuer à fonctionner normalement, tandis que 7,8% ont exprimé qu’elles manquaient des compétences nécessaires pour renforcer leur digitalisation.

Le manque de budget pourrait être lié au fait que la France est l’un des pays les plus touchés par les conséquences économiques de la crise. Malgré tout, les PME françaises semblent satisfaites des aides publiques apportées par l’État. Seules 15% mentionnent qu’aucune aide n’est disponible, tandis que 47% disent le contraire et que 24% estiment que ces aides publiques sont suffisantes.

Les Pays-Bas

Les résultats pour les Pays-Bas sont comparables à ceux de la France. Cependant, les deux pays étaient dans des positions différentes au début du premier confinement. Alors que la France était proche de la moyenne européenne en matière de digitalisation, les Pays-Bas étaient bien au dessus, en se classant 4ème au classement de la Commission Européenne.
Cela dit, peu de dirigeants d’entreprises néerlandaises se jugeaient suffisamment digitalisés pour traverser la crise, au contraire des dirigeants français. En effet, 27% des dirigeants de PME situées aux Pays-Bas estiment être assez digitalisés, tandis que ce chiffre grimpe à 39,1% en France.
33% des PME néerlandaises disent que le manque de budget a ralenti leur digitalisation, et 13% expliquent que cela est aussi dû au manque de compétences.
Enfin, les entrepreneurs néerlandais se disent satisfaits des aides apportées par l’État pour supporter leur digitalisation. 34% estiment que l’aide est suffisante, 44% disent que de l’aide est disponible, tandis que 15% ne sont pas satisfaits par ces aides.

Conclusions

Notre étude ne montre pas clairement que le COVID-19 a impacté positivement la digitalisation en Europe. Plusieurs raisons peuvent expliquer cela.

  1. Les pays européens sont entrés dans la crise avec des maturités digitales très différentes.
  2. Digitaliser une entreprise implique plus que de simplement travailler à distance et communiquer sur le web.
  3. L’innovation coûte de l’argent. Pour beaucoup de petites et moyennes entreprises, investir dans le digital peut être compliqué même quand ce n’est pas la crise. La situation actuelle peut donc rendre ces investissements encore plus compliqués pour beaucoup de PME.

De plus, notre étude montre qu’il y a une corrélation entre la satisfaction des PME européennes quant aux aides publiques et leur classement dans le ranking digital publié par la Commission. Cela signifie que les gouvernement ont un rôle important à jouer. Les institutions publiques devraient donc continuer à soutenir les entreprises dans leur digitalisation. Cela pourrait même devenir encore plus important lorsque nous commencerons à voir les retombées post-crise apparaître.

Méthodologie

Pour réaliser ce baromètre, Sortlist a interrogé 498 managers et dirigeants de PME situées en Espagne, en France, en Allemagne, en Belgique, et aux Pays-Bas. Pour rappel, une PME est une entreprise ayant moins de 250 employés et des ventes annuelles ne dépassant pas 50 millions d’euros. Cette étude a été menée entre le 27 novembre et le 7 décembre 2020, via un questionnaire en ligne.

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Nicolas Finet

À propos de l'auteur

Nicolas Finet

Co-fondateur & CEO de Sortlist. Entrepreneur passionné par le marketing B2B et l'accompagnement des entreprises dans leur croissance. Depuis 2014, il connecte les entreprises aux meilleures agences marketing à travers l'Europe. Expert en stratégie digitale, développement commercial et scaling de marketplaces B2B. Intervenant régulier sur les sujets de growth marketing et d'entrepreneuriat.

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